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Publié par caroleone

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Vous connaissez certainement Alphonse le chat de Delphine et Marinette dans Les contes du chat perché de Marcel Aymé ?

Cette série de contes a été écrite et publiée entre 1934 et 1946.

Les deux petites filles dont l'auteur adopte le point de vue dans ses contes vivent dans une ferme avec leurs parents et des animaux doués de parole. Elles sont complices des animaux contre leurs parents qui sont souvent féroces et sans pitié avec eux et aussi contre les autres adultes.

Je me souviens que je n'aimais pas du tout, mais vraiment pas les méchants parents tortionnaires et je me mettais de bon coeur du côté des fillettes.

Cette série de contes pour enfants est à mes yeux un incontournable des classiques pour la jeunesse au même titre que le Roman de Renart.

 


 

 

 

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La patte du chat

 

En jouant dans la cuisine, Delphine et Marinette cassent un plat en faïence très précieux. Pour les punir, les parents décident de les envoyer chez la méchante tante Mélina, dès le lendemain, s'il ne pleut pas. Pour éviter la punition à ses petites maîtresses, le chat passe la patte derrière l'oreille en faisant sa toilette. Il attire la pluie... et la colère des parents. Heureusement, la solidarité des animaux de la ferme va jouer et sauver la situation. Retrouvez l'enchantement et l'impertinence des célèbres Contes .

 

 


 

 

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Extrait

 

Un matin, de bonne heure, on était au huitième jour de pluie, et les parents se préparaient à aller à la gare, malgré le mauvais temps, expédier des sacs de pommes de terre à la ville. En se levant, Delphine et Marinette les trouvèrent dans la cuisine occupés à coudre un sac. Sur la table, il y avait une grosse pierre qui pesait au moins trois livres. Aux questions que firent les petites, ils répondirent, avec un air un peu embarrassé, qu'il s'agissait d'un envoi à joindre aux sacs de pommes de terre. Là-dessus, le chat fit son entrée dans la cuisine et salua tout le monde poliment.
— Alphonse, lui dirent les parents, tu as un bon bol de lait frais qui t'attend près du fourneau.
— Je vous remercie, parents, vous êtes bien aimables, dit le chat, un peu surpris de ces bons procédés auxquels il n'était plus habitué.
Pendant qu'il buvait son bol de lait frais, les parents le saisirent chacun par deux pattes, le firent entrer dans le sac la tête la première et, après y avoir introduit la grosse pierre de trois livres, fermèrent l'ouverture avec une forte ficelle.
— Qu'est-ce qui vous prend? criait le chat en se débattant à l'intérieur du sac. Vous perdez la tête, parents !
— Il nous prend, dirent les parents, qu'on ne veut plus d'un chat qui passe sa patte derrière son oreille tous les soirs. Assez de pluie comme ça. Puisque tu aimes tant l'eau, mon garçon, tu vas en avoir tout ton saoul. Dans cinq minutes, tu feras ta toilette au fond de la rivière.
Delphine et Marinette se mirent à crier qu'elles ne laisseraient pas jeter Alphonse à la rivière. Les parents criaient que rien ne saurait les empêcher de noyer une sale bête qui faisait pleuvoir. Alphonse miaulait et se démenait dans sa prison comme un furieux. Marinette l'embrassait à travers la toile du sac et Delphine suppliait à genoux qu'on laissât la vie à leur chat. « Non, non ! répondaient les parents avec des voix d'ogres, pas de pitié pour les mauvais chats ! » Soudain, ils s'avisèrent qu'il était presque huit heures et qu'ils allaient arriver en retard à la gare. En hâte, ils agrafèrent leurs pèlerines, relevèrent leurs capuchons et dirent aux petites avant de quitter la cuisine :
— On n'a plus le temps d'aller à la rivière maintenant. Ce sera pour midi, à notre retour. D'ici là, ne vous avisez pas d'ouvrir le sac. Si jamais Alphonse n'était pas là à midi, vous partiriez aussitôt chez la tante Mélina pour six mois et peut-être pour la vie.
Les parents ne furent pas plus tôt sur la route que Delphine et Marinette dénouèrent la ficelle du sac. Le chat passa la tête par l'ouverture et leur dit :
— Petites, j'ai toujours pensé que vous aviez un coeur d'or. Mais je serais un bien triste chat si j'acceptais, pour me sauver, de vous voir passer six mois et peut-être plus chez la tante Mélina. A ce prix-là, j'aime cent fois mieux être jeté à la rivière.
— La tante Mélina n'est pas si méchante qu'on le dit et six mois seront vite passés.

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FAN 28/02/2013 10:37

J'aime beaucoup la tête du chat!!! eh oui, les histoires et contes du 19 e siècle étaient souvent pour faire peur aux enfants et c'étaient les parents qui en étaient la cause!! A présent, avec le
laxisme, ils inventent des monstres venus d'ailleurs mais le fond reste le même , les enfants adorent avoir peur!!! BISOUS FAN

caroleone 28/02/2013 13:31



Bonjour Fan,


 


Je ne sais pas si les enfants aiment avoir peur, j'aimais pas trop de mon côté, mais la peur permet aux parents de tenir les enfants au calme, ou du moins le pensent-ils


Avec les jeux vidéo, je ne sais pas de quoi les enfants peuvent avoir peur de nos jours . Mon fils aîné faisait des cauchemars à cause du dessin animé Scoubidou et les fantômes, à présent ça fait
bien rire c'est sûr.


Bises et merci de ta visite


 


caro



Corinne 26/02/2013 20:57

Ohhhh j'ai lu certainement mais ne m'en souviens plus du tout !
Grosse fatigue en ce moment...
Bisous doux

caroleone 26/02/2013 22:03



Bonsoir Corinne,


 


C'est loin comme pour moi, pourtant, c'est encore frais dans mon esprit, je me régalais avec ces contes.


Bises de repos, on accuse le coup en ce moment


caro



almanitoo 26/02/2013 19:51

Pourtant, le passe-muraille, la vouivre, le boeuf clandestin, uranus pour ne citer que les ouvrages les plus connus sont archi lus et souvent mis en scène tant au théâtre qu'au cinéma, je crois.

caroleone 26/02/2013 22:03



Oui, c'est vrai mais je connais moins, je suis toujours partie dans le monde de l'enfance tu sais, j'ai même trouvé une version de Marx enseigné aux enfants.


Bises et bonne soirée


 


caro



almanitoo 26/02/2013 18:13

Non, je n'ai pas lu Delphine et Marinette! j'ai lu la totalité de l'oeuvre de Marcel Aymé que j'adore, et voilà la grosse lacune! mince, j'espère que le chat va s'en sortir!

caroleone 26/02/2013 19:18



Bonsoir Almanitoo,


 


C'est bizarre, il me semble que c'est ce qui est le plus commun de lui non ?


Ben, va falloir que tu t'y mettes alors.


Sinon, oui, ça se termine bien, il y a toujours plus de peur que de mal, en sachant que comme l'auteur se met à la place des gamines, les traits des adultes et leurs façons de faire sont
exagérées évidemment.


Je viens de m'en rendre compte maintenant que je t'en parle...la littérature enfantine ça marque quand même.


 


Bises


 


caro