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Publié par caroleone

Le Singe et le Chat

 

 

 

 

le-singe-et-le-chat.png

Bertrand avec Raton, l'un Singe et l'autre Chat,
Commensaux d'un logis, avaient un commun Maître.
D'animaux malfaisants c'était un très bon plat ;
Ils n'y craignaient tous deux aucun, quel qu'il pût être.
Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,
L'on ne s'en prenait point aux gens du voisinage.
Bertrand dérobait tout ; Raton de son côté
Etait moins attentif aux souris qu'au fromage.
Un jour au coin du feu nos deux maîtres fripons
Regardaient rôtir des marrons.
Les escroquer était une très bonne affaire :
Nos galands y voyaient double profit à faire,
Leur bien premièrement, et puis le mal d'autrui.
Bertrand dit à Raton : Frère, il faut aujourd'hui
Que tu fasses un coup de maître.
Tire-moi ces marrons. Si Dieu m'avait fait naître
Propre à tirer marrons du feu,
Certes marrons verraient beau jeu.
Aussitôt fait que dit : Raton avec sa patte,
D'une manière délicate,
Ecarte un peu la cendre, et retire les doigts,
Puis les reporte à plusieurs fois ;
Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque.
Et cependant Bertrand les croque.
Une servante vient : adieu mes gens. Raton
N'était pas content, ce dit-on.
Aussi ne le sont pas la plupart de ces Princes
Qui, flattés d'un pareil emploi,
Vont s'échauder en des Provinces
Pour le profit de quelque Roi.

 

Jean de La Fontaine

 

 

abraham_hondius.jpg

 

 

 

Le singe et le chat

 

d'Abraham Hondius

 

La plupart des oeuvres d'Abraham Hondius peintre hollandais du XVIIe siècle représentent des scènes de chasse d'une grande brutalité. Particulièrement féroce, Le singe et le chat réalisé en 1670 montre un gros singe sautant sur un chat qui, renversé sur le dos se défend en griffant la tête de son adversaire.

Ainsi assailli, le chat à dû lâcher les marrons qu'il tenait dans sa patte et dont le singe cherche à s'emparer. Ce tableau est une violente illustration de la fable éponyme de la Fontaine dans laquelle un singe parvient à force de flatteries à convaincre un chat de voler pour lui des marrons en train de rôtir.

Hondius ne montre ni la ruse du singe ni l'habilieté physique du chat. Les faciès des animaux sont terribles, les regards , sauvages : l'artiste illustre l'instinct dans ce qu'il a de plus effroyable.

 

 

 

 

 


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almanitoo 14/03/2013 18:06

Le faciès de ces animaux est effroyable mais n'oublions pas que les deux artistes, tant l'écrivain que le peintre, nous parlent en réalité de nous, les hommes, et en ce sens, on reconnait bien les
sentiments les plus veules et la violence humaine.
Le singe et le chat est une découverte, pourtant je pensais les avoir toutes lues, ces fameuses fables!
Merci Caro!

caroleone 14/03/2013 19:12



ça m'a semblé intéressant de vous le présenter avec la fable. C'est pas très esthétique comme peinture mais ça interpelle. Il y en a tant des fables de La Fontaine, on ne peut toutes les
connaîtres. J'ai lu sa biographie, c'était passionnant, j'ai bien aimé.


 


Bises


 


caro